
Je me focalise sur la beauté des femmes et je proclame mon amour pour l’amour entre filles comme mes moments de douceur garantie. Ma sensibilité à l’égard des formes poétiques des déclarations et des passions féminines, à l’égard des gestes délicats et des mouvements ondulatoires que je perçois parmi celles dont j’ai jeté mon dévolu, agrémente mes envies de sensualité, de caresses sur des temps virgiliens.
Oui, je rêve, ma chère Ninon de te voir apparaître dans ta robe de tulle, sentir ton parfum de violette et déposer sur ton sein délicat, mes lèvres émues devant ta grâce. Je n’oublierais jamais tes mots qui m’ont caressé comme tes mains, ainsi que le poids de ton corps sur mes genoux.
Et comment ne pas défaillir devant l’abandon de ma chère petite Clara, la muse de mes nuits d’insomnie, pour mes caprices de femme exigeante ? Tes roses m’ont troublé et j’ai apprécié les mots que tu y as ajoutés : « Ce ne sont pas mes épines qui me défendent, dit la rose, c’est mon parfum ».
Comment est-il possible de commencer une telle rubrique, sans citer aux lectrices le site incontournable, consacré à la vie et à l’œuvre de Sappho. Ces pages vous feront découvrir l’étendue des connaissances disponibles sur la poétesse et vous livreront de nombreuses sources qu’il est précieux de connaître. Un site riche pour un corpus enthousiasmant, remarquable, il offre beaucoup d’information sur l’époque de Sappho et les mythes qui l’entourent.
Merci énormément à Arvicola Nonagénaire (?) pour sa généreuse documentation, qui nous plonge dans l’univers littéraire et artistique du saphisme.
Son site m’aide beaucoup pour trouver mes prochaines lectures et me permet grandement de construire gynarchie.fr :
« Prolonge la nuit, Déesse qui nous brûle ! Éloigne de nous l’aube aux sandales d’or. Déjà, sur l’étang, les vertes libellules Ont pris leur essor. Tes cheveux, flambant sous l’ombre de tes voiles, Atthis, a gardé le feu rouge du jour. Et le vin de fleurs et le vin des étoiles M’enivrent d’amour. Nous ne savons pas quelle aurore se lève Là-bas, apportant l’inconnu dans ses mains… Nous tremblons devant l’avenir, notre rêve Craint les lendemains. Je vois la clarté sous mes paupières closes, J’étreins vainement la douceur qui nous fuit. Déesse à qui plait la ruine des roses, Prolonge la nuit. »Renée Vivien, Évocations, Alphonse Lemerre Éditeur, 1903, pp. 9-10.