Reine Azure
Reine Azure, Lucie Bodin, gynarchie
Ava Swann
Maîtresse Ava sur gynarchie.fr
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"Le Discours de la Servitude volontaire" de Étienne de La Boétie

Comment se fait-il que les hommes combattent pour leur servitude comme s'il s’agissait de leur salut ? Cette question, qui sera reprise par Spinoza et réactualisée par la domination totalitaire, est au cœur du Discours de la Servitude volontaire de La Boétie.

Loin d’être un pamphlet d’inspiration libérale et démocratique, comme l’a crû à tort la postérité, ce livre reste à découvrir ; Pierre Clastres et Claude Lefort s’efforcent ici d’arracher La Boétie à la méconnaissance. N’est-il pas le grand antagoniste à la hauteur de Machiavel ? Comme si leurs deux noms symbolisaient le paradoxe du politique : Machiavel pensait le pouvoir avec la liberté ; La Boétie pensait le pouvoir contre la liberté.

gynarchie et philosophie

Discours de la servitude volontaire

"Les Kitharèdes" de Renée Vivien

La renommée, sur les ailes du Temps, a oublié que Sappho eut des sœurs en poésie qui, comme elle, dans la Grèce antique, accompagnaient leurs chants d’accords de cithare. On les appelait Kitharèdes. Renée Vivien, en 1904, dans le présent recueil jamais réédité, fait œuvre d’helléniste en reprenant et traduisant les fragments qui restent d’elles, d’amazone porte-drapeau en vengeant leur mémoire perdue et de grande poétesse saphique en créant, à partir de ces fragments, des chants comme celui-ci :

Rien n’est plus doux qu’Érôs…
Je dédaigne le vin, je méprise le miel,
Je ne veux que le goût des baisers à ma bouche ;
Ni les frissons de l’eau ni les remous du ciel
N’égalent l’ondoiement de ta chair sur ma couche.

Celle qui dédaigna le rire de Kupris
Et qui n’a point connu son lit de violettes
A le front gris des Morts. Ainsi parle Nossis
Dont l’Érôs enduisit de cire les tablettes.

Celle qui ne craint point à l’égal du trépas
Les aubes sans caresse et les nuits sans murmure,
Ô Déesse aux yeux bleus ! celle-là ne sait pas
Quelles fleurs sont les roses de ta chevelure !

Pauline Mary Tarn, connue sous le nom de Renée Vivien, naquit en Angleterre en 1877 et mourut à Paris en 1909. Elle est l’auteure d’une œuvre abondante, proses, poésies et traductions.

Poésie et gynarchie

Les Kitharèdes

"Les Séductrices" de Jane Billinghurst

Un regard séduisant sur la façon dont les hommes ont créé la figure de la tentatrice et dont les femmes se sont emparées de sa représentation.

D’Ève à Madonna, en passant par Mata Hari, il y a toujours eu des séductrices dans l’esprit des hommes. Qu’elles soient attirantes ou menaçantes, dangereuses ou délicieuses, passives ou prédatrices, les hommes qu’elles rencontrent ne sont que glaise entre leurs doigts. Enfin, telle est l’image que véhiculent les mythes !

Lorsque les hommes se sentent menacés dans leurs prérogatives par des exigences féminines de plus en plus pressantes, les séductrices sont décrites comme des créatures cruelles. En revanche, lorsque la guerre des sexes marque une pause, elles deviennent synonymes de plaisir et de volupté. Lorsque les femmes ont gagné en indépendance, elles ont créé elles-mêmes leur image et proposé leur propre interprétation du désir masculin. Lorsque les droits leur ont été enfin reconnus, la séductrice est devenue un phantasme, et a pris une apparence dont les charmes varient à l’infini.

Dans cette exploration de la figure de la tentatrice, Jane Billingurst observe ses différentes occurrences dans la mythologie, dans l’Histoire, au cinéma, des premières pécheresses (Lilith et Ève) aux dominatrices incarnées par Mae West et Madonna. Entre ces deux extrêmes, nous sommes séduites par la charmante menace des figures mythiques (Pandore, les Sirènes ou Méduse), par les femmes d’influence (Cléopâtre), les vamps (Theda Bara et Marlene Dietrich), les bombes sexuelles (Jean Harlow) et un certain nombre d’autres créatures ensorcelantes.

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Les Séductrices

Odes et Fragments de Sapphô

« Viens à moi depuis la Crète en ce temple de pureté. Ici ton aimable bocage de pommiers, et les autels embaumés des fumées de l’encens.

Une eau froide y bruit à travers les branches chargées de pommes, tout cet espace est couvert d’ombre par des roses. Du feuillage qui tremble glisse un sommeil enchanté.

Dans la prairie, aussi, nourricière de chevaux, la foison des fleurs vernales est éclose, et les souffles du vent ont la douceur du miel.

En ce lieu, oui, toi, prends, Cypris .. et dans les coupes d’or, comme un vin de délices qui se mêle à nos fêtes en fleurs, le nectar par toi soit versé. »

Odes et fragments, sapphô

"Petit Glossaire raisonné de l’Érotisme saphique" de Claudine Brécourt-Villars

Au tournant de ce siècle, dans la profusion d’une iconographie libertine et d’une littérature souvent méconnues, comment l’homosexualité féminine se vivait-elle ? C’est ce que montre Claudine Brécourt-Villars tout au long de ce glossaire en s’appuyant sur une étonnante illustration puisée dans des collections particulières et qui reste inséparable du texte.

saphisme et gynarchie

SCUM Manifesto de Valérie Solanas

« Publié pour la première fois en 1967, ce texte culte, maintes fois réédité, s’inscrit d’emblée dans la lignée des grands pamphlets qui ont marqué la pensée révolutionnaire de l’époque.

Scum – littéralement, la lie ou acronyme de Society for Cutting Up Men (Association pour tailler les hommes en pièces) – reste un texte d’une radicalité peu commune. L’homme, la femme, le pouvoir, l’argent, le travail, les rapports amoureux : rien n’échappe à Valérie Solanas dans sa critique de la réification. Trente ans après sa parution, Scum demeure un magnifique coup d’État verbal. »

SCUM Manifesto de Valérie Solanas, un pamphlet révolutionnaire

J’avais envie de prendre le temps de lire et de relire en profondeur le SCUM Manifesto. J’avais besoin d’être attentive au sens de ce pamphlet, d’en considérer les circonstances : la vie de son auteur en rapport avec son œuvre.
Est-ce qu’il n’y a pas méprise à l’égard du message de ce manifeste ? J’ai lu la révolte légitime d’une femme en proie avec la violence masculine. Pourquoi ne pas entendre son cri et regarder sa rage ? Ne sont-ils pas justifiés par les blessures profondes que lui ont infligées la vie et les hommes ? Dès sa trouble enfance, les rapports entre les sexes étaient extrêmement conflictuels.
Elle a vécu les échanges brutaux et les abus sexuels de son géniteur. Je comprends sa révolte, son pamphlet est d’une étonnante radicalité. Mais voilà, critiquer la gente masculine est apparemment très risqué. Ils vont mal le prendre. SCUM Manifesto est rapidement devenu pour beaucoup, synonyme de sexisme et de fascisme.
En lisant SCUM, j’ai vu l’utopie d’un monde meilleur. Sa critique de la guerre m’a fasciné par son pacifisme. Il faut tirer des leçons, d’un tel ouvrage. Il n’est pas faux de penser que les hommes sont responsables du monde qu’ils ont façonné.
Oui, les hommes sont responsables des enfers qu’ils éparpillent partout. Ils font les guerres et répandent ainsi l’enfer sur Terre : meurtre, violence et souffrance. Valérie Solanas pense à une société sans argent où les travaux non-créatifs seraient entièrement automatisés. Ceci me paraît d’un grand intérêt. Quant à ses Scum, moi, ils m’ont séduit ; même lorsque ceux-ci extermineront tous les hommes qui ne feront pas partie de l’auxiliaire masculin de Scum.

Une Femme m’apparut de Renée Vivien

Une Femme m’apparut est l’histoire autobiographique d’une passion amoureuse inoubliable et fatale, celle que Renée Vivien, une petite Anglaise ayant adopté la langue française, a vécue avec la célèbre Natalie Barney.

Roman à clef, Une Femme m’apparut est aussi l’unique roman qu’a écrit Renée Vivien (pseudonyme de Pauline Tarn, 1877-1909), grande poétesse et figure incontournable de la littérature lesbienne. Il fut publié dans sa version originale pour la première – et dernière – fois en 1904. Totalement inédit depuis, il est resté un des introuvables de la littérature lesbienne.

Pour la première fois donc depuis plus d’un siècle, les éditions Adventice vous proposent de redécouvrir ce texte dans une édition complétée d’une sélection de poèmes, représentation de l’amour sensuel et érotique entre femmes, pour lesquelles Vivien s’était fait apprécier, déjà même avant sa mort prématurée à l’âge de trente-deux ans.

Une femme m'apparut, Renée Vivien